RDC : Le Directeur Général de la Regideso, dénonce l’insolvabilité des autorités, (non-paiement des factures)

Joseph Malaba
3 Min Read

Lors de la plénière du jeudi 12 juin 2025 à l’Assemblée nationale, le Directeur général de la Régie de distribution d’eau (REGIDESO), David Tshilumba Mutombo, a été auditionné dans le cadre d’une question orale avec débat, initiée par le député national Tobie Kayumbi Kongolo. Une intervention qui a mis à nu les profondes failles structurelles de cette entreprise publique en charge de la distribution de l’eau en République Démocratique du Congo.

Selon le DG de la REGIDESO, le gouvernement n’a plus payé sa consommation d’eau depuis les années de pillage de 1991-1992. Une situation qu’il qualifie d’« injuste et insoutenable », soulignant que cette dette historique représente aujourd’hui une part importante du chiffre d’affaires de l’entreprise.

 « À ce jour, l’État consomme près de 40 % de l’eau distribuée par la REGIDESO, pour une facture mensuelle estimée à 6 millions de dollars. Mais cette somme reste impayée malgré les nombreuses promesses des autorités », a-t-il déclaré devant les élus.

David Tshilumba a dénoncé une situation de déséquilibre social où les ménages modestes et la classe moyenne se retrouvent à supporter, seuls, le poids du fonctionnement de la REGIDESO, pendant que les institutions publiques ne règlent pas leurs factures.

« Ce sont les plus pauvres qui financent indirectement l’eau consommée par ceux qui en ont pourtant les moyens », a-t-il fustigé.

Présent à la séance, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a abondé dans le même sens, appelant les institutions publiques à donner l’exemple en régularisant leurs paiements.

« L’accès à l’eau potable est une question de justice distributive et de dignité humaine », a-t-il martelé.

Les échanges qui ont suivi ont mis en lumière d’autres défis majeurs : vétusté des infrastructures, qualité souvent douteuse de l’eau, retards de paiement des agents dans les zones enclavées, pollution des rivières par les sociétés minières, détournement présumé de fonds des partenaires techniques et financiers, ainsi que la situation alarmante dans le district de Tshangu.

Face à l’ampleur des préoccupations soulevées, le DG de la REGIDESO a demandé un délai de 48 heures pour fournir des réponses détaillées aux députés.

Cette audition a ainsi agi comme un électrochoc, révélant une crise systémique qui, sans action concrète et urgente, risque de compromettre durablement l’accès à l’eau pour des millions de Congolais.

Joseph-Malaba

Share This Article
Aucun commentaire