
Selon plusieurs sources concordantes, l’opposant politique Seth Kikuni a été interpelé ce samedi 18 octobre 2025 à son arrivée à l’Aéroport international de N’Djili (Kinshasa) à bord d’un vol régulier de la compagnie Kenya Airways.
Les premières informations rapportent que, dès sa descente d’avion, son passeport a été saisi par des agents de la Direction Générale des Migrations (DGM). Il aurait ensuite été pris en charge par des individus se présentant comme appartenant à l’Agence nationale de renseignements (ANR) et à la Détection Militaire des Activités Antisociales et la Police (DEMIAP), service de renseignement militaire. L’endroit vers lequel il a été conduit ou la nature exacte des accusations ne sont pas encore rendus publics.
Les collaborateurs de Seth Kikuni, qui étaient présents à l’aéroport pour l’accueillir, ont indiqué avoir perdu tout contact avec lui depuis et ignorent tout du lieu de détention ou des motifs invoqués.
Contexte & historique
Seth Kikuni est un homme d’affaires et homme politique congolais, ancien candidat à la présidentielle de 2018, et président du parti de l’opposition Piste pour l’Emergence.
En septembre 2024, il avait déjà été arrêté et accusé d’« incitation à la désobéissance civile » et de « propagation de faux bruits » avant d’être transféré à la prison centrale de Makala à Kinshasa.
Il avait ensuite été condamné à un an de prison pour ces chefs d’accusation.
L’arrestation rapportée ce jour semble s’inscrire dans un climat de tension politique accrue, où les libertés d’association, d’expression et de réunion sont régulièrement sous surveillance des organisations nationales et internationales.
L’absence de communication officielle sur les motifs de l’interpellation soulève des questions sur la légalité de cette détention.
Le fait que des services de renseignement – plutôt qu’un bureau d’enquête judiciaire classique – soient impliqués donne à l’arrestation un caractère potentiellement politique.
Pour la société civile et les observateurs des droits humains, cela pourrait constituer un signe supplémentaire de répression des voix d’opposition.
Cette situation a des implications immédiates pour l’état de droit en RDC : la détention d’un opposant sans transparence publique fragilise la confiance dans les institutions judiciaires.
Rédaction



